Faire son coming out: une méthode étape par étape pour faire le grand saut

Ceci est le 5ème et dernier article sur ma lecture du livre  Bien vivre son homosexualité… et réussir son coming out où je partage mon point de vue et mon expérience. Bonne lecture 🙂

Dans les 4 articles précédents, on a vu comment mieux comprendre l’homophobie, celle des autres et celle qu’on porte en nous pour s’accepter tel qu’on est et prendre conscience de son homosexualité. Cela permet aussi d’être plus tolérant envers les réactions homophobes de notre entourage.

Pour se sentir bien au quotidien, on doit avoir l’esprit libre et sortir du cercle vicieux de nos pensées négatives. C’est en modifiant notre façon de voir le monde autour de nous que l’on peut enfin s’assumer tel qu’on est. Car comme le dit Toni Morison, prix Nobel de littérature : il y a plus de choses effrayantes à l’intérieur qu’à l’extérieur. Alors faisons donc la paix avec notre intérieur en apprenant à gérer l’anxiété au quotidien.

Lorsqu’on est prêts à s’assumer, il vient le moment de le partager avec notre entourage pour avoir des rapports plus sincères avec eux. Il n’y a bien sûr aucune obligation à le faire et il n’est pas souhaitable de brûler les étapes, il faut décider en connaissance de cause si on fait son coming out ou non.

Si la réponse est oui, je veux faire mon coming out, alors un petit plan d’action ne sera pas de trop: suivez le guide!

*Citations original: “There are more scary things inside than outside.” Toni Morrison, romancière, professeur de littérature et éditrice américaine, lauréate du prix Nobel de littérature en 1993

Avant : Préparations

 

Le dire oui, mais à qui ?

Un coming out ne se fait pas seul dans son coin, il faut donc faire avec contrainte de disponibilités, les siennes et celles de sa “cible”, et de la durée que l’on souhaite consacrer pour en parler. Comme j’en ai déjà parlé ici, c’est clair qu’il est bien plus simple d’aborder le sujet d’abord avec une personne proche et plus ouverte, plutôt qu’un groupe de personnes qu’on ne connaît pas très bien.

Vous avez normalement déjà fait la liste des personnes à qui vous voulez en parler. Pour chaque personne, il est temps de répondre à ces questions :

  • Est-ce difficile de dire à cette personne? Pourquoi ?
  • Dans quelle circonstance je me sentirai le plus à l’aise pour le lui dire?
  • Quel moment serait le plus propice pour l’annoncer?

Et ensuite, il ne reste plus qu’à faire une hiérarchie du coming out du plus simple au plus complexe. Pour ça, l’intuition est bonne conseillère, quoique la vie nous réserve parfois quelques surprises, bonnes ou mauvaises. D’où l’intérêt de se préparer en amont, de savoir ce que vous allez dire et d’anticiper les questions !

Le dire oui, mais dire quoi exactement ?

Pas la peine de tout déballer tout de suite, laisser quelque bonus pour plus tard 🙂

Donner juste l’essentiel :

  • Je suis homosexuel(le)
  • Je suis sûr(e) de moi/ je l’ai toujours été/ plus besoin de mentir
  • Je le vis bien, je suis heureux(se)
  • Je voulais partager ça avec vous
  • Je le fais pour qu’on soit plus proche

Attention à éviter critiques et reproches : “ton attitude homophobe ne m’a pas permis de te le dire plus tôt” Et BIM dans des dents ! Et ne partez pas perdant d’office en annonçant d’avance : “Ce que j’ai à te dire va te faire de la peine”.

Un bon moyen de savoir ce qu’on va dire c’est de… faire une lettre ! Ca permet de :

  • Trouver les bons mots pour le dire
  • Réduire le stress pendant l’annonce
  • Donner la lettre à lire plus tard si l’échange tourne mal

J’avais fait cette démarche mentalement et j’y pensais régulièrement et les mêmes pensées revenaient encore et encore. Avec le recul, je pense que mettre sur papier libère réellement son esprit et permet que des idées neuves laissent la place aux pensées qu’on aura couché sur le papier.

Le dire oui, mais comment ?

Il faut réfléchir au lieu et répéter la scène dans sa tête, voire mieux jouer à faire son coming out, seul ou avec quelqu’un à qui vous aurez déjà fait votre coming out. Ca vous permettra de prévoir le comportement que vous allez adopter et d’anticiper aussi les questions.

Préparer les réponses aux questions du type :

  • C’est juste une phase?
  • Tu veux avoir le SIDA?
  • Tu as pensé à ce que vont dire les gens?

Un peu avant le coming out, tâtez un peu le terrain pour préparer l’annonce. Vous pouvez par exemple faire des allusions par rapport à un film que vous regardez, une affiche de prévention ou toutes actualités en lien avec l’homosexualité.

 

Pendant : ACTION !

Le jour J est arrivé ? N’oubliez pas la lettre !! Essayer de vous détendre avant, faites un peu peu de relaxation rapide.Le moment est venu, vous y êtes. Pratiquez la respiration rythmée et lancez vous !

  • Des phrases courtes pour introduire le sujet sans détour puis être à l’écoute de l’interlocuteur et répondre à ces questions;
  • Faire preuve d’empathie et accepter que l’interlocuteur ne veuille pas en parler;
  • Garder en tête que ce sera sûrement un choc pour votre interlocuteur et que du coup vous pourriez entendre des mots pas très doux de sa part mais qui ne sont pas le reflet de ce qu’il pense réellement;
  • Quoi qu’il arrive, ne pas s’énerver, faire une pause et revenir la tête froide s’il le faut.

La seconde qui précède l’annonce, le temps s’arrête. Par contre, une fois faite, tout s’accélère et on se sent tellement plus léger/légère après. Vous pourrez vous féliciter d’avoir passé cette épreuve qui reste fondamental pour assumer pleinement une part importante de sa personnalité !

Après : Un nouveau départ

Après un coming out, les réactions de son entourage peuvent être très différentes d’une personne à une autre car accepter la différence d’un proche ne coule pas de source. Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, leur opinion évoluera avec le temps de manière favorable.

On naccepte pas sa propre homosexualité en une semaine, nos proches et en particulier nos parents ont aussi besoin de temps. Il faut leur laisser du temps pour qu’ils accusent le coup. Il faut être à leur écoute pour les aider à accepter.

L’annonce n’est que le début de la conversation, il faut maintenir le dialogue pour faciliter l’acceptation de ses proches. Ils auront besoin qu’on leur donne des informations pertinentes sur l’homosexualité. On peut insister aussi sur les avantages d’avoir fait son coming out, le fait qu’on puisse avoir une plus grande complicité.

Une fois qu’ils l’auront accepté, si vous êtes en couple, votre entourage voudra sûrement la/le rencontrer. Et le moment venu, vous pourrez leur présenter sa copine/son copain/son conjoint. J’ai souvent présenté mon copain à mes amis en les invitant chez moi ou en venant en couple chez eux. Ca se passe toujours bien même si parfois il y a quelques appréhensions de leur part et de la mienne aussi.

Pour mes parents, la tension était un peu plus palpable. On a commencé par une rapide présentation en coup de vent, puis trouvé une autre occasion pour se rencontrer tous ensemble quelques minutes seulement. On a ensuite pu passer un repas tous ensemble, pour fêter mon anniversaire.

Même s’ils refusent votre homosexualité au départ, et c’est leur droit, il faut l’accepter, ils changeront peut être d’avis avec le temps. La partie n’est jamais perdue d’avance. Donner du temps à son entourage pour s’habituer, c’est nécessaire. Alors bien sûr, ne soyez pas focus sur votre sexualité H24, parler d’autres choses, mais restez actif tout de même. Privilégiez l’échange, sans forcer la main.

J’espère cette série vous aura plus, n’hésitez pas à commenter, j’aimerais vous lire et échanger sur le sujet. 😉

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *